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Qu'est-ce que le "relayage" ? Un projet de loi pour une expérimentation au service des aidants | AlloGaspard

Une solution qui vient du Québec et de la Belgique

Au Québec, il existe un dispositif qui s’intitule « baluchonnage ». Il s’agit d’une aide au répit à domicile pour permettre à une personne qui s’occupe au quotidien d’un proche malade de s’absenter temporairement. Elle s’adresse à des personnes en perte d’autonomie, pour qui changer temporairement d’environnement serait difficile et entraînerait une perte de repères.

Au Québec, c’est Marie Gendron, infirmière, qui a initié cette démarche. Elle est désormais assurée par l’organisme Baluchon Alzheimer. Il a pour objectif de permettre aux aidants familiaux de se laisser un répit à l’extérieur de leur foyer pendant une à deux semaines, sans obliger leur proche à quitter leur domicile. Baluchon Alzheimer missionne un intervenant sur place, appelé « baluchonneur », qui demeure 24h/24 chez la personne aidée en tissant une relation de confiance durant l’absence de l’aidant.

L’initiative existe également en Belgique. Le service y est assuré par une vingtaine de baluchonneurs. Les services à la personne aidée ont lieu 24h/24, 7 jours/7, sur une durée déterminée de 3 à 14 jours. Les familles peuvent bénéficier dans l’année de 21 jours maximum de baluchonnage. Une participation financière de 65€ par journée est demandée aux familles.

Un dispositif bientôt expérimenté en France

En France, le terme retenu est « relayage » (car « baluchon » est une marque déposée). Il figure dans le projet de loi sur "le droit à l'erreur", présenté fin novembre par le gouvernement, destiné à simplifier des procédures administratives.

Il existe déjà dans la loi un « droit au répit » des aidants, avec une aide financière de 500 euros par an pour financer un accueil ponctuel du proche dépendant. Mais il est souvent reproché à ce droit d’être difficile à mettre en œuvre en pratique.

En l’état actuel de la loi, il n’est pas possible de mettre en place en France le dispositif tel qu’il existe au Québec. Car celui-ci prévoit en effet que quelqu’un puisse travailler 24h/24, 7 jours sur 7 sur une période donnée.

C’est pourquoi le gouvernement a proposé uniquement une expérimentation, pour en étudier d’abord les impacts. Deux options sont envisagées pour le mettre en œuvre :

  • réserver la possibilité d’expérimenter le dispositif à des établissements et services sociaux et médico-sociaux accompagnant les personnes âgées, les enfants et les adultes handicapés ;

  • permettre que les interventions soient réalisées non seulement en mode «  prestataire » (les intervenants sont salariés du service ou de l’établissement) mais aussi en mode dit « mandataire » (l’intervenant est salarié de la personne auprès de laquelle il intervient ou de son aidant, qui bénéficie(nt) d’un accompagnement du service mandataire pour son recrutement et dans les démarches associées à cet emploi). Le mode « mandataire » diminue le coût pour les familles.

Le projet de loi ne crée pas de financement spécifique pour les prestations de relayage. Elles seront donc financées par des aides de droit commun (comme l’APA notamment). Les sommes versées au titre d’une prestation de relayage pourront également ouvrir droit au crédit d’impôt sur le revenu « service à la personne ».